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    <dcterms:title><![CDATA[Le bleu et la poussière]]></dcterms:title>
    <dcterms:description><![CDATA[Dédicace de Marcel Piqueray à Luc Rémy]]></dcterms:description>
    <dcterms:abstract><![CDATA[Un nouvel âge d&#039;or<br />
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Depuis 1994, Le bleu et la poussière est le septième recueil d&#039;Izoard à paraître, mettant un terme provi­soire ou irrévocable à une période faste, marquée entre autres par l&#039;étonnant Sulphur (Editions Odradek, 1994 — tiens ! Revue Odradek « extraordinairement mobile et qui ne se laisse pas attraper », n° 6, un poème inédit et un dessin d&#039;Allen Ginsberg, référence adéquate au travail qui nous inté­resse : à la fois proche dans l&#039;esprit tout en demeurant très éloignée dans la forme) et par Rue Sous-l&#039;eau (Tétras Lyre, 1997). Ainsi donc se poursuit le voyage hébété en­trepris par Izoard il y a longtemps mainte­nant. Et nous voici offerte une nouvelle chance de lui emboîter le pas sur la trajec­toire du dedans, de dépouillements en dépouillements, avec comme unique bagage son manteau de pauvreté cousu aux mots es­sentiels, pour finalement parvenir ici, à l&#039;endroit qui nous occupe, près d&#039;une apogée.<br />
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D&#039;emblée la question se pose : com­ment parler d&#039;un ensemble de poèmes aussi dense et aéré, complexe et limpide, sans avoir recours à la ci­tation, à la paraphrase ou à l&#039;analyse pédante ? Sans risquer de courir à l&#039;échec ? Parce qu&#039;il restera toujours un vide à combler. Il n&#039;y a pas de ré­ponse à cette question. Juste des ten­tatives avortées de résolution. Tout, et rien en fait, a déjà été dit au sujet d&#039;Izoard. Pourquoi dès lors ne pas aller vers le rien pour toucher à la totalité ?<br />
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Il suffirait peut-être de décrire l&#039;objet au scalpel. Un livre. A la cou­verture rugueuse d&#039;un bleu ciel que le temps délavera. Prénom et nom de l&#039;au­teur en caractères noirs, soulignés. Titre en majuscules lie-de-vin. Collection. Editeur. Rabats... Autant de poèmes répartis sur au­tant de pages à raison de deux par page... Mais ce système ne peut fonctionner. Car cet objet n&#039;est pas un livre. Il est une de­meure.<br />
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Décrire alors la demeure ? Elle est vaste, an­cienne et mystérieuse, apparemment vide. Elle germe autour du silence, plombée sur les flancs d&#039;une colline. Lorsque vous ouvrez le livre à la première page, vous pénétrez à l&#039;intérieur de la demeure. Echo stable mais ténu, une voix vous guide. Et plus vous avancez, plus les repères viennent à vous manquer, malgré la répartition linéaire des pièces, en enfilade. Jusqu&#039;au moment où vous prenez conscience qu&#039;un univers entier se déplie derrière ces murs. Les jours s&#039;ajou­tent, infusent, vous progressez avec lenteur et vous vous êtes égaré. Pourtant la voix n&#039;a jamais cessé de vous mener : interrogations sur la substance du poème, sur l&#039;acte charnel d&#039;écriture ; sensations d&#039;extases et d&#039;implo­sions de corps aux limites physiques rendues délibérément floues, chargées d&#039;empathie. Le plancher craque, et toujours vous revenez au grenier où une enfance, mélancolique, lu­cide, acérée, vous attend, de la même ma­nière que l&#039;on frôlerait un jour tout ce que l&#039;on a perdu. Images indélébiles, bleues comme ces ciels trop rapides de l&#039;autre côté de fenêtres aux pigments de lichen, poussié­reuses comme ces pavés de lumière impos­sibles à franchir. Parce que pas à pas, peu à peu, de mieux en mieux, c&#039;est vers l&#039;enfance absolue qu&#039;Izoard vous mène. Le temps venu, vous regrettez de quitter la demeure. Vous devinez confusément que vous y re­viendrez afin de chercher encore, de puiser, et par hasard, qui sait, de trouver. Chaque mot parcouru a été rongé jusqu&#039;à la moelle. Une fois lu, une fois mâché, par grâce ma­gique, vous en êtes imprégné, vous en êtes débarrassé.<br />
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Bien entendu, cela ne suffit pas. Chacun, en fin de compte, aura sa façon propre de décrire Le bleu et la poussière, ainsi qu&#039;il devrait en être de toutes les poésies. Izoard trame et cisèle le décor, sans gâcher de plâtre ce qui tient droit, nous laissant libres de l&#039;interprétation.<br />
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Il suffirait certainement de pousser la porte, de lentement compter les marches, d&#039;ouvrir le livre, pour re­joindre Jacques Izoard en son nouvel âge d&#039;or.<br />
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Serge Delaive]]></dcterms:abstract>
    <dcterms:creator><![CDATA[<a href="/archibul/items/browse?advanced%5B0%5D%5Belement_id%5D=39&advanced%5B0%5D%5Btype%5D=is+exactly&advanced%5B0%5D%5Bterms%5D=Izoard%2C+Jacques">Izoard, Jacques</a>]]></dcterms:creator>
    <dcterms:publisher><![CDATA[<a href="/archibul/items/browse?advanced%5B0%5D%5Belement_id%5D=45&advanced%5B0%5D%5Btype%5D=is+exactly&advanced%5B0%5D%5Bterms%5D=Editions+de+la+diff%C3%A9rence">Editions de la différence</a>]]></dcterms:publisher>
    <dcterms:date><![CDATA[1998]]></dcterms:date>
    <dcterms:format><![CDATA[13 X 20 cm]]></dcterms:format>
    <dcterms:medium><![CDATA[179 p.]]></dcterms:medium>
    <dcterms:language><![CDATA[fr]]></dcterms:language>
    <dcterms:type><![CDATA[<a href="/archibul/items/browse?advanced%5B0%5D%5Belement_id%5D=51&advanced%5B0%5D%5Btype%5D=is+exactly&advanced%5B0%5D%5Bterms%5D=Ouvrage+imprim%C3%A9">Ouvrage imprimé</a>]]></dcterms:type>
    <dcterms:identifier><![CDATA[FLRB-IZO-B-0 000 134]]></dcterms:identifier>
    <dcterms:provenance><![CDATA[Fonds Luc Rémy]]></dcterms:provenance>
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